Puissances de 10 : produits et écritures
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1. Introduction et problématique
Les puissances de 10 sont partout dans les sciences, la géographie, l’informatique et la vie quotidienne. Quand on écrit que la distance Terre-Lune est d’environ 384 000 km, qu’un fichier a une taille de 5 mégaoctets, ou qu’un globule rouge mesure environ 0,000 007 m, on manipule des nombres très grands ou très petits. Pour les écrire plus rapidement et les calculer plus facilement, on utilise les puissances de 10.
En classe de 4e, l’objectif est de comprendre ce que signifient les écritures 10ⁿ et 10⁻ⁿ, puis de savoir multiplier des puissances de 10. On doit aussi faire le lien avec certains préfixes décimaux très courants : kilo, méga et giga. Par exemple, dans le mot repère « kilomètre », le préfixe « kilo » signifie 10³. Ainsi, 1 km = 10³ m = 1000 m.
Situation-problème : un collège veut comparer plusieurs données pour son projet scientifique. Le professeur annonce : « Une clé USB contient 32 gigaoctets, une image pèse 4 mégaoctets, une distance est donnée en kilomètres, et une mesure de laboratoire vaut 10⁻³ m. » Comment comprendre rapidement ces écritures ? Comment passer de 10³ à 1000 ? Comment savoir que 10⁻³ vaut 0,001 et non -1000 ? Comment calculer 10⁴ × 10⁻² sans écrire tous les zéros ?
La réponse repose sur une idée simple : une puissance indique combien de fois on utilise le facteur 10, ou son inverse. Les puissances de 10 permettent donc de coder les multiplications et les divisions par 10, 100, 1000, etc.
2. Définition
Définition : Pour tout entier positif n, 10ⁿ désigne le produit de n facteurs égaux à 10. Ainsi, 10ⁿ = 10 × 10 × ... × 10, avec n facteurs. On dit que n est l’exposant. Pour tout entier positif n, 10⁻ⁿ désigne l’inverse de 10ⁿ : 10⁻ⁿ = 1 ÷ 10ⁿ = 1/10ⁿ.
Une puissance positive de 10 donne un nombre supérieur ou égal à 10, sauf dans le cas particulier 10⁰. Par exemple, 10¹ = 10, 10² = 100, 10³ = 1000, 10⁴ = 10 000. On peut retenir : 10ⁿ est le nombre 1 suivi de n zéros lorsque n est un entier positif.
Une puissance négative de 10 donne un nombre positif inférieur à 1. Par exemple, 10⁻¹ = 1/10 = 0,1 ; 10⁻² = 1/100 = 0,01 ; 10⁻³ = 1/1000 = 0,001. L’exposant négatif ne rend pas le nombre négatif : il indique qu’on prend un inverse.
Le cas 10⁰ est essentiel : 10⁰ = 1. Cette convention est cohérente avec les règles de calcul sur les puissances. Elle sera utilisée très souvent dans les calculs.
On rencontre aussi des préfixes décimaux qui correspondent à des puissances de 10. Le préfixe kilo signifie 10³, donc 1 kilomètre = 10³ mètres = 1000 mètres. Le préfixe méga signifie 10⁶, donc 1 mégaoctet correspond à 10⁶ octets dans l’usage décimal. Le préfixe giga signifie 10⁹, donc 1 gigaoctet correspond à 10⁹ octets dans l’usage décimal.
3. Propriétés et théorèmes
Théorème : Pour tous entiers relatifs a et b, on a : 10ᵃ × 10ᵇ = 10ᵃ⁺ᵇ. Pour multiplier deux puissances de 10, on conserve la base 10 et on additionne les exposants.
Cette propriété est la règle principale à maîtriser pour les produits de puissances de 10. Elle fonctionne avec des exposants positifs, négatifs ou nuls. Par exemple, 10³ × 10² = 10³⁺² = 10⁵. De même, 10⁴ × 10⁻² = 10⁴⁺⁽⁻²⁾ = 10².
On peut compléter cette règle par quelques propriétés utiles :
- 10ⁿ = 1 suivi de n zéros si n est un entier positif.
- 10⁻ⁿ = 1/10ⁿ si n est un entier positif.
- 10⁰ = 1.
- Multiplier par 10ⁿ avec n positif revient à déplacer la virgule de n rangs vers la droite.
- Multiplier par 10⁻ⁿ revient à diviser par 10ⁿ, donc à déplacer la virgule de n rangs vers la gauche.
Attention : dans un produit de puissances de même base, on additionne les exposants. On ne les multiplie pas. Ainsi, 10³ × 10² = 10⁵ et non 10⁶. L’écriture 10³ × 10² signifie que l’on a trois facteurs 10 puis deux facteurs 10, donc cinq facteurs 10 au total.
4. Démonstration
Commençons par un cas avec des exposants positifs. On veut comprendre pourquoi 10³ × 10² = 10⁵. Par définition, 10³ = 10 × 10 × 10 et 10² = 10 × 10. Donc :
10³ × 10² = (10 × 10 × 10) × (10 × 10).
En regroupant tous les facteurs, on obtient cinq facteurs égaux à 10 :
10³ × 10² = 10 × 10 × 10 × 10 × 10 = 10⁵.
On a donc ajouté les exposants : 3 + 2 = 5. Cette idée se généralise : si 10ᵃ contient a facteurs 10 et 10ᵇ contient b facteurs 10, alors leur produit contient a + b facteurs 10.
Regardons maintenant un cas avec un exposant négatif : 10⁴ × 10⁻². Par définition, 10⁻² = 1/10². Donc :
10⁴ × 10⁻² = 10⁴ × 1/10².
Or 10⁴ = 10 × 10 × 10 × 10 et 10² = 10 × 10. Le quotient revient à simplifier deux facteurs 10 :
10⁴ ÷ 10² = 10².
On retrouve la règle des exposants :
10⁴ × 10⁻² = 10⁴⁺⁽⁻²⁾ = 10².
Enfin, la valeur 10⁰ = 1 s’explique aussi par cohérence. En effet, 10¹ ÷ 10¹ = 1. Mais, avec la règle des exposants, diviser par 10¹ revient à multiplier par 10⁻¹, donc 10¹ × 10⁻¹ = 10⁰. On obtient donc 10⁰ = 1.
5. Méthode pas à pas
- Je repère l’écriture. Je regarde si j’ai une puissance positive, une puissance négative, ou un produit de puissances de 10. Par exemple, 10⁵ est une puissance positive, 10⁻³ est une puissance négative, et 10² × 10⁶ est un produit.
- J’identifie le rôle de l’exposant. Si l’exposant est positif, 10ⁿ correspond à 1 suivi de n zéros. Si l’exposant est négatif, 10⁻ⁿ correspond à 1/10ⁿ. Si l’exposant est 0, le résultat est 1.
- J’applique la règle adaptée. Pour écrire 10⁴ sous forme décimale, j’écris 1 suivi de 4 zéros : 10 000. Pour écrire 10⁻⁴, j’écris 1/10 000 = 0,0001. Pour multiplier 10ᵃ × 10ᵇ, j’additionne les exposants : 10ᵃ × 10ᵇ = 10ᵃ⁺ᵇ.
- Je calcule soigneusement les exposants. Avec des nombres négatifs, je fais attention aux signes. Par exemple, 4 + (-2) = 2, donc 10⁴ × 10⁻² = 10². Mais -3 + 5 = 2, donc 10⁻³ × 10⁵ = 10².
- Je vérifie le sens du résultat. Un exposant positif donne un grand nombre, un exposant négatif donne un nombre entre 0 et 1, et 10⁰ donne 1. Cette vérification évite les erreurs comme écrire 10⁻³ = -1000.
- Je relie aux préfixes décimaux. Je retiens : kilo = 10³, méga = 10⁶, giga = 10⁹. Par exemple, 7 km = 7 × 10³ m = 7000 m.
6. Exemple résolu 1 — cas direct
On veut compléter les écritures suivantes : 10², 10⁵, 10⁻¹, 10⁻⁴ et 10⁰.
Pour 10², l’exposant est positif. On écrit 1 suivi de 2 zéros : 10² = 100.
Pour 10⁵, l’exposant est positif. On écrit 1 suivi de 5 zéros : 10⁵ = 100 000.
Pour 10⁻¹, l’exposant est négatif. On utilise la définition : 10⁻¹ = 1/10¹ = 1/10 = 0,1.
Pour 10⁻⁴, on écrit : 10⁻⁴ = 1/10⁴. Or 10⁴ = 10 000, donc 10⁻⁴ = 1/10 000 = 0,0001.
Pour 10⁰, on applique la règle : toute puissance d’un nombre non nul d’exposant 0 vaut 1. Donc 10⁰ = 1.
Bilan : 10² = 100 ; 10⁵ = 100 000 ; 10⁻¹ = 0,1 ; 10⁻⁴ = 0,0001 ; 10⁰ = 1. On remarque que les exposants positifs donnent des nombres entiers puissants, tandis que les exposants négatifs donnent des nombres décimaux positifs plus petits que 1.
7. Exemple résolu 2 — cas inverse
On veut écrire les nombres suivants sous forme de puissances de 10 : 1000, 1 000 000, 0,01 et 0,000 001.
Le nombre 1000 s’écrit 1 suivi de 3 zéros. Donc 1000 = 10³.
Le nombre 1 000 000 s’écrit 1 suivi de 6 zéros. Donc 1 000 000 = 10⁶.
Le nombre 0,01 est égal à 1/100. Or 100 = 10². Donc 0,01 = 1/10² = 10⁻².
Le nombre 0,000 001 est égal à un millionième, c’est-à-dire 1/1 000 000. Or 1 000 000 = 10⁶. Donc 0,000 001 = 10⁻⁶.
On peut aussi raisonner avec la virgule. Pour passer de 1 à 0,01, on divise par 10 deux fois : 1 ÷ 10 ÷ 10 = 0,01. Cela correspond à 10⁻². Pour passer de 1 à 0,000 001, on divise par 10 six fois, donc on obtient 10⁻⁶.
Ce cas inverse est important pour reconnaître rapidement les puissances de 10 dans les écritures décimales. Il prépare aussi l’écriture scientifique, qui sera utilisée pour écrire des nombres très grands ou très petits de façon compacte.
8. Exemple résolu 3 — problème concret
Un professeur demande à ses élèves de convertir et de comparer plusieurs données numériques. Une distance vaut 8 km, un fichier a une taille de 6 mégaoctets, un autre a une taille de 2 gigaoctets, et une mesure de laboratoire vaut 10⁻³ m. On veut écrire ces informations avec des puissances de 10.
Commençons par la distance. Le préfixe kilo signifie 10³. Donc 1 km = 10³ m = 1000 m. Ainsi, 8 km = 8 × 10³ m = 8000 m.
Pour le fichier de 6 mégaoctets, le préfixe méga signifie 10⁶. Donc 6 mégaoctets = 6 × 10⁶ octets, c’est-à-dire 6 000 000 octets dans l’usage décimal.
Pour le fichier de 2 gigaoctets, le préfixe giga signifie 10⁹. Donc 2 gigaoctets = 2 × 10⁹ octets, c’est-à-dire 2 000 000 000 octets dans l’usage décimal.
Pour la mesure de laboratoire, 10⁻³ m = 1/10³ m = 1/1000 m = 0,001 m. Cette longueur correspond à un millième de mètre.
On peut aussi effectuer un produit de puissances. Supposons que l’on veuille calculer 10⁶ × 10³. On additionne les exposants : 10⁶ × 10³ = 10⁹. Cela montre que 1000 mégaoctets correspondent à 10³ × 10⁶ octets = 10⁹ octets, soit 1 gigaoctet dans l’usage décimal.
Ce problème montre que les puissances de 10 ne sont pas seulement des écritures abstraites : elles servent à comprendre les unités, les conversions et les ordres de grandeur.
9. Erreurs classiques à éviter
- Erreur : écrire 10⁴ = 40, car on confond exposant et multiplication par l’exposant — À faire : développer : 10⁴ = 10 × 10 × 10 × 10 = 10 000.
- Erreur : écrire 10⁰ = 0, car on associe automatiquement l’exposant 0 au résultat 0 — À faire : retenir que toute puissance d’un nombre non nul d’exposant 0 vaut 1, donc 10⁰ = 1.
- Erreur : écrire 10⁻³ = -1000, car on pense qu’un exposant négatif donne un nombre négatif — À faire : utiliser la définition : 10⁻³ = 1/10³ = 1/1000 = 0,001.
- Erreur : multiplier les exposants dans 10³ × 10² et écrire 10⁶ — À faire : additionner les exposants : 10³ × 10² = 10³⁺² = 10⁵.
- Erreur : se tromper dans les conversions avec kilo, méga et giga — À faire : utiliser le mémo : kilo = 10³, méga = 10⁶, giga = 10⁹.
- Erreur : oublier de vérifier l’ordre de grandeur du résultat — À faire : contrôler si le résultat est cohérent : un exposant positif agrandit, un exposant négatif donne un nombre inférieur à 1.
10. À retenir
- 10ⁿ signifie 10 × 10 × ... × 10 avec n facteurs lorsque n est un entier positif.
- 10ⁿ = 1 suivi de n zéros si n est positif : 10³ = 1000.
- 10⁻ⁿ = 1/10ⁿ lorsque n est positif : 10⁻³ = 1/1000 = 0,001.
- 10⁰ = 1.
- Un exposant négatif ne signifie pas que le résultat est négatif.
- Pour multiplier deux puissances de 10, on additionne les exposants : 10ᵃ × 10ᵇ = 10ᵃ⁺ᵇ.
- Exemple : 10⁴ × 10⁻² = 10².
- Les préfixes décimaux à connaître sont : kilo = 10³, méga = 10⁶, giga = 10⁹.
- Mot repère : kilomètre. On découpe « ki-lo-mè-tre » et on retient que kilo signifie 10³, donc 1 km = 10³ m = 1000 m.
- Routine de réussite : je repère l’exposant, j’applique la règle, puis je vérifie le sens du résultat.
11. Exercices d'application
Télécharger la fiche d’exercices au format PDF : Puissances de 10, produits et écritures en 4e. Cette fiche permet de s’entraîner progressivement sur les puissances positives et négatives de 10, les produits de puissances et les conversions avec les préfixes décimaux.
Les types d’exercices proposés sont les suivants : compléter les écritures de puissances de 10, répondre à des questions « vrai ou faux ? », recomposer des produits comme 10² × 10⁵, encoder des nombres avec une puissance de 10, puis utiliser les préfixes kilo, méga et giga dans des conversions concrètes.
Barème possible sur 5 points : 1 point pour identifier correctement les puissances positives de 10 ; 1 point pour identifier correctement les puissances négatives de 10 ; 1 point pour appliquer la règle 10ᵃ × 10ᵇ = 10ᵃ⁺ᵇ ; 1 point pour convertir avec les préfixes kilo, méga et giga ; 1 point pour présenter les réponses avec une écriture claire et cohérente.
Pour réussir les exercices, il faut toujours justifier les réponses importantes. Par exemple, au lieu d’écrire seulement 10⁻² = 0,01, on peut écrire : 10⁻² = 1/10² = 1/100 = 0,01. Cette présentation montre que la définition est comprise.
12. Questions fréquentes
Que signifie 10³ ?
10³ signifie 10 × 10 × 10. Il y a trois facteurs égaux à 10. Donc 10³ = 1000. On peut retenir que 10³ est le nombre 1 suivi de 3 zéros.
Que signifie un exposant négatif comme 10⁻² ?
Un exposant négatif indique que l’on prend l’inverse. Ainsi, 10⁻² = 1/10² = 1/100 = 0,01. Le résultat est positif, mais il est inférieur à 1.
Pourquoi 10⁰ vaut-il 1 ?
C’est cohérent avec les règles des puissances. Par exemple, 10¹ ÷ 10¹ = 1. Or cette division correspond à 10¹ × 10⁻¹ = 10⁰. Donc 10⁰ = 1.
Comment multiplier 10⁴ par 10⁻² ?
On additionne les exposants, car les deux puissances ont la même base 10 : 10⁴ × 10⁻² = 10⁴⁺⁽⁻²⁾ = 10². Donc le résultat est 100.
Quel lien y a-t-il entre kilo, méga, giga et les puissances de 10 ?
Ces préfixes représentent des puissances de 10. Kilo = 10³, méga = 10⁶ et giga = 10⁹. Par exemple, 1 km = 10³ m = 1000 m, et 1 gigaoctet = 10⁹ octets dans l’usage décimal.