Niveau collège • 100 % gratuit • PDF téléchargeables

Géométrie dans l'espace : vues et sections planes

Hélène Marvier · 16 min
PDF disponible Vidéo
Géométrie dans l'espace : vues et sections planes

Télécharger la fiche de cours

Fiche PDF imprimable au format A4.

Géométrie dans l'espace : vues et sections planes — PDF gratuit

1. Introduction et problématique

Situation-problème : on veut fabriquer une boîte en forme de cube, une maquette de pyramide et un objet cylindrique. Avant de découper le carton, il faut prévoir ce que l’on verra de face, de dessus ou de côté, et savoir quelle forme apparaîtra si l’on coupe le solide par un plan. Par exemple, si l’on coupe un cube par un plan parallèle à l’une de ses faces, obtient-on toujours un carré ? Si l’on coupe un cylindre horizontalement, obtient-on un rectangle ou un disque ? Ces questions sont au cœur de la géométrie dans l’espace en classe de 3e.

Le programme de cycle 4 demande de représenter l’espace, de reconnaître des solides usuels, de décrire des sections planes simples et d’utiliser des dessins comme la perspective cavalière ou les vues planes. Il ne s’agit pas seulement de « voir » une figure : il faut apprendre à raisonner avec des plans, des faces, des arêtes, des bases, des parallélismes et parfois des longueurs calculées avec le théorème de Pythagore.

Dans cette leçon, on apprend à distinguer deux idées souvent confondues : une vue est ce que l’on observe depuis une direction donnée, tandis qu’une section plane est la figure obtenue quand un plan coupe réellement le solide. Le mot repère est couper : cou-per, dans un cube, si le plan est parallèle à une face carrée, la coupe est un carré. Pour une vue, on ne coupe pas : on regarde. Pour une section, on imagine un plan qui traverse le solide.

2. Définition

Définition : Une section plane d’un solide est la figure obtenue à l’intersection de ce solide avec un plan. Autrement dit, on imagine que le solide est coupé par un plan : la surface de coupe est la section.

Le vocabulaire est important. Un solide est un objet de l’espace : cube, pavé droit, prisme droit, pyramide, cylindre, cône, boule. Une face est une surface plane qui limite un polyèdre, par exemple une face carrée d’un cube. Une base est une face particulière, souvent utilisée pour décrire un prisme, un cylindre, une pyramide ou un cône. Un plan est une surface plane illimitée ; sur un dessin, on n’en représente qu’une partie.

Une vue de face, une vue de dessus ou une vue de côté est un dessin à plat représentant ce que l’on voit en regardant le solide selon une direction précise. La vue de dessus montre ce que l’on voit en regardant verticalement le solide. Une vue n’est pas une coupe : elle ne montre pas l’intérieur, sauf si on l’indique spécialement.

La perspective cavalière est une manière de représenter un solide sur une feuille. Les faces avant sont dessinées en vraie grandeur quand c’est possible, et les arêtes fuyantes sont tracées parallèles entre elles, souvent inclinées. Cette représentation donne une impression de profondeur, mais certaines longueurs ne sont pas représentées en vraie grandeur.

3. Propriétés et théorèmes

Théorème : Dans un solide, lorsqu’un plan est parallèle à une face ou à une base, la section obtenue a la même forme que cette face ou cette base. Dans une pyramide ou un cône, la section parallèle à la base a la même forme que la base, mais avec des dimensions généralement réduites.

Voici les propriétés à connaître en 3e pour les solides simples. Dans un cube, la section par un plan parallèle à une face est un carré. Dans un pavé droit, la section par un plan parallèle à une face est un rectangle de mêmes proportions que cette face. Dans un prisme droit, la section par un plan parallèle aux bases a la même forme que les bases. Par exemple, dans un prisme droit à base triangulaire, une coupe parallèle à la base est un triangle.

Dans une pyramide, une section par un plan parallèle à la base est un polygone de même nature que la base. Si la base est carrée, la section est un carré ; si la base est triangulaire, la section est un triangle. Cependant, la section est plus petite lorsque le plan de coupe est situé entre la base et le sommet. Les côtés correspondants sont parallèles aux côtés de la base.

Dans un cylindre de révolution, une section par un plan parallèle aux bases est un disque. Une section par un plan perpendiculaire aux bases et passant dans la hauteur peut être un rectangle. Dans une boule, toute section par un plan est un disque, éventuellement réduit à un point si le plan est tangent. Dans un cône de révolution, une section parallèle à la base est un disque plus petit que la base.

Enfin, lorsqu’une section contient un triangle rectangle, ou lorsqu’une longueur cherchée est une diagonale dans un rectangle ou un carré de section, on peut utiliser le théorème de Pythagore : dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.

4. Démonstration

On explique pourquoi une section parallèle à une face reproduit sa forme. Prenons un cube. Toutes ses faces sont des carrés, et les arêtes opposées sont parallèles. Si un plan coupe le cube en restant parallèle à une face carrée, les droites d’intersection avec les faces latérales sont parallèles aux arêtes de la face de référence. On obtient donc quatre côtés, deux à deux parallèles, et des angles droits : la section est un carré. Dans le cas d’un pavé droit, le même raisonnement conduit à un rectangle, car les faces du pavé peuvent avoir des longueurs différentes.

Pour une pyramide à base carrée, on peut imaginer des plans horizontaux, parallèles à la base, qui montent progressivement vers le sommet. Chaque plan rencontre les faces latérales de la pyramide suivant des segments. Ces segments sont parallèles aux côtés correspondants de la base. La section conserve donc la même forme que la base : ici un carré. Mais, comme les faces latérales se rapprochent du sommet, les segments sont plus courts que ceux de la base. Plus le plan est proche du sommet, plus la section est petite.

Pour un cylindre, la justification repose sur la régularité de ses bases. Un cylindre de révolution possède deux bases qui sont des disques parallèles et superposables. Si un plan parallèle aux bases coupe le cylindre, il rencontre le volume selon un disque de même rayon que les bases, si l’on est dans un cylindre droit. En revanche, si un plan vertical coupe le cylindre selon une direction passant par l’axe, la section est un rectangle : sa hauteur est celle du cylindre, et sa largeur peut être le diamètre de la base.

Ces démonstrations ne cherchent pas à établir une théorie complète des coupes, mais elles donnent un raisonnement rigoureux adapté au collège : on identifie le solide, on repère les parallélismes, puis on déduit la forme de la figure obtenue.

5. Méthode pas à pas

  1. Je repère le solide. Est-ce un cube, un pavé droit, un prisme, une pyramide, un cylindre, un cône ou une boule ? Cette étape évite d’appliquer une propriété au mauvais solide.
  2. Je distingue vue et section. Si l’énoncé dit « on regarde de face », « vue de dessus » ou « vue de côté », il s’agit d’une vue. Si l’énoncé dit « on coupe par un plan », « section » ou « plan parallèle », il s’agit d’une section plane.
  3. Je repère la position du plan ou la direction d’observation. Le plan est-il parallèle à une face, à une base, perpendiculaire à une base, ou oblique ? La vue est-elle de face, de dessus ou de côté ?
  4. J’applique la propriété adaptée. Plan parallèle à une face d’un cube : carré. Plan parallèle à la base d’une pyramide carrée : carré plus petit. Plan parallèle aux bases d’un cylindre : disque. Vue de dessus d’un pavé droit : rectangle.
  5. Je dessine proprement. Pour une vue, je produis un dessin à plat, sans profondeur. Pour une perspective cavalière, je garde les arêtes parallèles et les arêtes cachées peuvent être tracées en pointillés si nécessaire.
  6. Je vérifie la cohérence. La forme obtenue correspond-elle au solide ? Les côtés parallèles sont-ils bien parallèles ? Les longueurs utiles sont-elles compatibles avec les dimensions données ?
  7. Je calcule si besoin. Si une diagonale apparaît dans un carré ou un rectangle de section, je peux utiliser Pythagore : par exemple d² = côté² + côté², puis d = √(résultat).

6. Exemple résolu 1 — cas direct

Énoncé. Un cube de côté 6 cm est coupé par un plan parallèle à l’une de ses faces. Quelle est la forme de la section ? Si la section est au milieu du cube et parallèle à une face, quelles sont les longueurs de ses côtés ?

Résolution. Le solide est un cube. Le plan de coupe est parallèle à une face. Or, dans un cube, toute face est un carré. D’après la propriété, la section d’un cube par un plan parallèle à une face est un carré. Comme le cube a pour côté 6 cm, une coupe parallèle à une face et traversant tout le cube donne un carré dont les côtés mesurent 6 cm.

Conclusion. La section est un carré de côté 6 cm. Attention : le fait que le plan soit au milieu ne change pas la longueur des côtés dans ce cas, car le cube a la même largeur à tous les niveaux dans une direction parallèle à une face.

On peut aussi demander la diagonale de cette section. La section est un carré de côté 6 cm. Sa diagonale d vérifie, par le théorème de Pythagore : d² = 6² + 6² = 36 + 36 = 72. Donc d = √72 = 6√2 cm. En valeur approchée, d ≈ 8,5 cm. Cette longueur peut être utile si l’on cherche la distance entre deux sommets opposés de la section.

7. Exemple résolu 2 — cas inverse

Énoncé. On observe une section plane qui est un disque. Le solide de départ est soit un cylindre, soit un cube, soit une pyramide à base carrée. Le plan de coupe est parallèle à la base. Quel solide peut donner cette section ?

Résolution. On raisonne à partir de la forme de la section. Un cube coupé par un plan parallèle à une face donne un carré, pas un disque. Une pyramide à base carrée coupée par un plan parallèle à la base donne un carré plus petit, pas un disque. Un cylindre possède des bases en forme de disques. Si le plan est parallèle aux bases du cylindre, la section est un disque.

Conclusion. Le solide compatible est le cylindre. Le plan parallèle à sa base donne une section circulaire, plus précisément un disque.

Ce type de question est un cas inverse : on ne part pas seulement du solide pour trouver la section, on part de la section pour identifier un solide possible. Il faut rester prudent : une même forme peut parfois apparaître dans plusieurs situations. Par exemple, un triangle peut être une section d’un prisme triangulaire parallèle à sa base, mais aussi une section particulière d’un cube par un plan oblique. En 3e, lorsqu’un énoncé précise « plan parallèle à la base », on utilise d’abord les propriétés simples du cours.

8. Exemple résolu 3 — problème concret

Énoncé. Une pyramide régulière à base carrée représente le toit d’un kiosque. Sa base carrée mesure 4 m de côté. On réalise une coupe horizontale, parallèle à la base, à une certaine hauteur. La section obtenue est un carré de côté 2 m. On veut dessiner cette section sur un plan et calculer sa diagonale.

Résolution. Le solide est une pyramide à base carrée. Le plan de coupe est parallèle à la base. D’après la propriété, la section est de même forme que la base : c’est donc un carré. Comme la pyramide se resserre vers son sommet, ce carré est plus petit que la base. L’énoncé donne son côté : 2 m.

Pour dessiner la section sur un plan, on trace un carré de côté 2 m, ou à l’échelle choisie. Si l’échelle est 1 cm pour 1 m, on trace un carré de côté 2 cm. Ce dessin est une représentation à plat de la section, ce n’est pas une perspective complète de la pyramide.

Calculons maintenant la diagonale d de la section. Dans un carré, la diagonale forme deux triangles rectangles isocèles. On applique Pythagore : d² = 2² + 2² = 4 + 4 = 8. Donc d = √8 = 2√2 m. En valeur approchée, d ≈ 2,8 m.

Conclusion. La section du toit est un carré de côté 2 m, et sa diagonale mesure 2√2 m, soit environ 2,8 m. Le raisonnement utilise à la fois la propriété de section parallèle à la base et le théorème de Pythagore.

9. Erreurs classiques à éviter

  • Erreur : confondre section et vue. On répond comme si l’on regardait le solide, alors que l’énoncé parle de le couper. — À faire : se demander : « Est-ce que je regarde ou est-ce que je coupe ? » Une vue correspond à une direction d’observation ; une section correspond à un plan de coupe.
  • Erreur : dire que la section d’un cylindre par un plan parallèle à la base est un rectangle. — À faire : rappeler que les bases du cylindre sont des disques. Un plan parallèle aux bases donne donc un disque.
  • Erreur : croire que la section d’une pyramide parallèle à la base a toujours la même taille que la base. — À faire : retenir qu’elle a la même forme, mais des dimensions réduites si le plan est au-dessus de la base.
  • Erreur : tracer une vue en perspective au lieu d’une vue plane. — À faire : pour une vue de face, de dessus ou de côté, ne pas montrer la profondeur : on dessine seulement ce que l’on voit dans la direction demandée.
  • Erreur : oublier les pointillés dans une perspective cavalière quand une arête est cachée. — À faire : distinguer les arêtes visibles en traits pleins et les arêtes cachées en pointillés si le dessin le demande.
  • Erreur : se tromper dans un calcul de diagonale. — À faire : écrire systématiquement d² = côté² + côté² pour un carré, puis d = √(résultat).

10. À retenir

  • Une section plane est la figure obtenue lorsqu’un solide est coupé par un plan.
  • Une vue est un dessin à plat obtenu en regardant un solide depuis une direction : vue de face, vue de dessus ou vue de côté.
  • Une perspective cavalière sert à représenter un solide avec une impression de profondeur, en conservant des parallélismes.
  • Dans un cube, une section par un plan parallèle à une face est un carré.
  • Dans un pavé droit, une section par un plan parallèle à une face est un rectangle.
  • Dans une pyramide, une section parallèle à la base a la même forme que la base, mais elle est généralement plus petite.
  • Dans un cylindre, une section parallèle aux bases est un disque.
  • Dans une boule, toute section plane est un disque, éventuellement réduit à un point dans le cas tangent.
  • Pour réussir, on suit la routine : Je repère / J’applique / Je vérifie.
  • Si une diagonale ou une longueur dans un triangle rectangle apparaît, on peut utiliser le théorème de Pythagore.

11. Exercices d'application

Lien PDF : Télécharger la fiche d’exercices — Géométrie dans l’espace : vues et sections planes (3e).

La fiche d’exercices propose plusieurs types de tâches pour s’entraîner progressivement. Dans l’exercice Identifier la forme d’une section, il faut associer un solide, une position de plan et la forme obtenue : carré, rectangle, triangle, disque ou autre figure. Dans Vrai ou faux ?, il faut justifier chaque affirmation avec le vocabulaire précis : plan, section, parallèle, face, base. L’exercice Recomposer un raisonnement demande de remettre dans l’ordre les étapes d’une solution : identifier le solide, repérer le plan, appliquer la propriété, conclure. Dans Encoder des vues, on dessine ou reconnaît une vue de face, de dessus ou de côté à partir d’un solide représenté en perspective cavalière. Enfin, dans Section et longueur, on calcule une diagonale ou une longueur dans une section en utilisant Pythagore.

Barème indicatif : identifier correctement les formes de sections simples vaut 4 points ; distinguer les vues de face, de dessus et de côté vaut 4 points ; utiliser le vocabulaire géométrique vaut 3 points ; justifier les réponses par une propriété ou un raisonnement clair vaut 5 points ; calculer une longueur dans une section avec Pythagore vaut 4 points. Une réponse complète ne se limite donc pas au nom de la forme : elle doit expliquer pourquoi cette forme apparaît.

12. Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une section plane ?

Une section plane est la figure obtenue lorsqu'un solide est coupé par un plan. Par exemple, couper un cube par un plan parallèle à une face donne une section carrée.

Quelle est la section d'un cube par un plan parallèle à une face ?

C'est un carré, car la face du cube est un carré et le plan de coupe lui est parallèle. Les côtés de la section sont parallèles aux côtés de la face correspondante.

Quelle est la différence entre une vue et une perspective ?

Une vue est un dessin à plat selon une direction précise, par exemple de face ou de dessus. Une perspective représente le solide en donnant une impression de profondeur.

La section d'une pyramide parallèle à la base a-t-elle la même taille que la base ?

Non. Elle a la même forme que la base, mais elle est plus petite si le plan coupe la pyramide au-dessus de la base. Plus le plan est proche du sommet, plus la section est réduite.

Quand utilise-t-on Pythagore dans une section ?

On l'utilise lorsqu'une longueur de la section correspond à une diagonale ou à un côté d'un triangle rectangle. Par exemple, la diagonale d'un carré de côté 6 cm vérifie d² = 6² + 6².

Partager :

Ressources similaires

💬 Commentaires

Plan du cours